Journal des répétitions du Prince Masqué 10

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La déclaration d’intention du compositeur

Écrire pour le jeune public peut paraître, dans une approche superficielle, rassurant : le chemin n’est pas encombré de chefs d’œuvres (« L’enfant et les sortilèges » en serait un, dont l’ombre portée est énorme), et le compositeur n’imagine pas prendre à témoin les jeunes têtes blondes (ou pas) de sa lutte à mort avec l’histoire de l’écriture musicale.

Pourtant, c’est un public difficile, ô combien ! Il ne ment pas et ne fait pas de ronds de jambes, ou cela lui plaît, ou… Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il exige la facilité : voilà l’espace ou l’on peut évoluer en tant qu’auteur. Oublier les artefacts esthétiques, mais chercher l’expression dans toute sa noblesse.

J’ai commencé à travailler avec Olivier par amitié, et aussi parce que nous partagions ces vues communes. La première fois qu’il m’a parlé d’adapter un de ses « polars » pour enfants, j’ai fait la moue, n’y voyant pas de précédent. Mais c’est en lisant son adaptation que j’ai été subjugué : il y avait selon moi, tout ce qu’il faut de rythme, de sujets, de personnages, non seulement pour construire un ouvrage lyrique, mais aussi pour captiver le jeune public.

Je ne postule pas que le chant lyrique rebute les enfants : à condition que le spectacle leur soit dédié, c’est un mode d’expression comme un autre. J’ai pu le vérifié à maintes reprises (soit dans le cadre d’autres de mes projets, soit comme papa spectateur – 3 filles –). Je retiens aussi l’opportunité pour des parents d’aller au spectacle en famille, pour partager leur goût du lyrique.

Olivier, je l’ai dit, est pour moi le librettiste idéal, connaissant ce public et maîtrisant la scène. Par nos échanges, nous pouvons facilement travailler et retravailler la matière de notre ouvrage, et créer le rythme indispensable. La relative concision d’un tel projet donne un poids important aux éléments thématiques, qui doivent caractériser les personnages, et entrer en relation entre eux comme les protagonistes eux-même. Ce n’est pas l’originalité de l’écriture que je recherche à tout prix, mais la nuance, le raffinement, exactement ce que je souhaite transmettre à mes propres enfants.

J’ai choisi de masquer la complexité du langage (harmonique, et surtout rythmique) derrière une apparente « ligne claire », par respect pour ce public, ce qui est une dimension importante de notre approche avec Olivier. Le retour des thèmes, les liens entre les parties vocales et instrumentales au long du spectacle sont pensés de façon simple mais avec une recherche d’efficacité…

 

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