La nuit les arbres

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La nuit les arbres
par les Minuits
Théâtre /Arbres / Cheminement nocturne
Création été 2015
Déambulation nocturne d’1H30 à 2h
Dans les collections d’érables et Continentalis de l’Arboretum National des Barres – www.arboretumdesbarres.fr

 

Cahier des charges de cette commande :

L’arboretum National des Barres a confié aux Minuits la création d’une déambulation nocturne au sein d’une partie de ses collections :
Cette déambulation est définie comme un transport magique, un voyage poétique.
Les spectateurs sont invités à sortir des sentiers balisés de l’arboretum avec un parcours spécifique envisagé pour les personnes à mobilité.
Jauge : 400 spectateurs maximum
Surface proposée : 6 hectares

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Le spectacle

La nuit les arbres est un spectacle à l’image de l’Arboretum National des Barres : une collection de scènes éclectiques, contrastées ou harmonieuses.

Ce spectacle a été conçu comme un dialogue, une écriture, une création commune entre les artistes et les arbres.
Les titres des scènes et leurs sources d’inspirations traduisent bien cette grande diversité : certains arbres amusent, d’autres pleurent, chantent, réconfortent, séduisent, meurent, décollent…
Qui veut chercher, trouvera dans ce spectacle une nourriture légère et dense, poétique et potache, nocturne et incandescente, intime et collective.

La nuit les arbres est un cheminement ponctué de rencontres, une exploration réelle et symbolique, une expérience unique et originale.

Après un lever de rideau magistral, une traversée solennelle, il y a la nuit, les arbres.
Dans l’obscurité, muets et entièrement vêtus de noir, gantés, cagoulés tels les manipulateurs de bunraku (et que nous appelons « ninjas ») des personnages portent des panneaux où sont inscrits ces deux mots en lettres lumineuses rouges : « Par ici ».
Chacun est libre de les suivre, ou non.
Les cheminements permettent de s’immerger dans le  noir et le silence nécessaires à l’apparition des personnages qu’ils soient humains ou arbres.

La nuit les arbres est un concentré du sentiment du visiteur de l’arboretum :

À la première visite, le visiteur est souvent frappé par un sentiment étrange. Le sublime attendu ne vient pas nous cueillir immédiatement. Nous ne sommes pas dans un parc ou un jardin. Ici pas de nature sauvage, pas de nature mise en scène, mais un lieu façonné par l’homme pour la conservation et l’étude des arbres. Ceux-ci sont certes remarquables, mais il s’agit bien là d’une collection.
Ce n’est qu’au bout d’un moment que l’œil voit, discerne une écorce, est ému par une feuille, contemple des racines, s’attache à un groupe d’arbres… Il faut du temps pour s’acclimater et voir.
La nuit, elle, offre l’écrin qui permet d’isoler un tronc, un port, un feuillage… Le spectacle permet d’accéder directement à ce discernement.
Bien sûr, il reste la frustration de ne pas avoir tout vu. La lumière a laissé dans l’ombre bien des écorces, bien des arbres. Il faudra renoncer à tout voir, tout savoir.
D’ailleurs le spectateur ne verra pas non plus toutes les scènes…

La nuit les arbres est un spectacle qui invite au dialogue entre l’homme et la nature.

Ce questionnement qui traverse notre œuvre est au cœur de ce spectacle.
Nous nous sommes demandé quelle était la pertinence de notre intervention dans l’arboretum.
La beauté des arbres ne se suffit-elle pas ? Qu’avons-nous à dire, faire, créer dans un arboretum en tant qu’artistes ?
Dans un premier temps, nous avons évité le théâtre. Seule l’installation trouvait grâce à nos yeux.
Puis timidement, nous avons essayé le texte, les personnages… Sont venus ensuite les bûcherons, le cheminement… Et bien plus tard, la blague, l’irrévérence, la citation…
En fait, il nous a fallu dépasser une certaine déférence stérile pour les arbres et la nature.
À partir du moment où nous avons accepté de parler des arbres et des hommes, le théâtre a surgit immédiatement et fortement. Tout était beau, tout était théâtre. Et les arbres se sont même mis à jouer !
Le propos devenait pertinent. Le spectacle devenait ce voyage follement barré et ce cheminement nimbé de nuit duquel surgissent des mondes incroyables.

Enfin La nuit les arbres est une expérience de création remarquable.

Nous avons proposé d’associer à notre travail de création collective des comédiens, des musiciens, des élèves de conservatoire, des amateurs et des techniciens : depuis la définition du projet, les premières visites de l’arboretum, à la création des scènes, en passant par la rédaction des sujets d’improvisation.
Beaucoup de nos compagnons de route se sont joints à nous, à notre laboratoire.
Nous étions très nombreux. C’était une première très enrichissante.
Le spectacle que nous avons créé possède une fraîcheur et une puissance qui tient beaucoup à ces rencontres.

Recherche

La nuit les arbres met en scène des manipulateurs d’un nouveau genre chez les Minuits.

Dans nos spectacles Le Mariage des Oiseaux ou Le Petit Poucet, le rôle des manipulateurs vêtus de noir est essentiel. Ces manipulateurs qui sont tour à tour porteurs de lumière, marionnettistes, régisseurs, habilleurs, arbres ou personnages donnent immédiatement une dimension organique au spectacle. Dans notre prochaine création Le Cabaret, ces manipulateurs se sont vu ajouter une cagoule et des gants noirs. Nous les appelons ninjas. Lors des répétitions du Cabaret, nous avons découvert leur capacité à matérialiser les fantasmes des spectateurs. Nous avons souhaité poursuivre l’expérimentation de ces « personnages » dans La nuit les arbres.

Rappelons que La nuit les arbres a pour toile de fond, le silence de la nuit, le noir. Les ninjas, eux-mêmes entièrement vêtus de noir, semblent émerger d’une obscurité qu’ils ne quittent jamais tout à fait. Ils sont à la fois l’immensité, un lieu de projection fantastique, et l’humain dans ce qu’il a de plus ténu et de plus irréductible.

Par leur nature, les ninjas renvoient puissamment spectateurs et acteurs à leur condition réelle et symbolique d’humain. Ils  sont le support des projections les plus intimes et les garants d’une grande cohérence collective. Ils favorisent en même temps qu’ils participent à la relation des acteurs et des spectateurs, cette « communication de perception directe, vivante » comme le nomme justement Jerzy Grotowski.

 

Quelques sources d’inspiration pour cette création :

Cranach

Adam et Eve, Lucas Cranach l’Ancien

Tambours sur la digue d’Hélène Cixous, mis en scène par Ariane Mnouchkine avec la troupe du Théâtre du Soleil en 1999.

Le bunraku

L’univers de Jules Vernes

Le Temps des Gitans, film d’Emir Kusturica, 1989

Brigadoon, film réalisé par Vincente Minnelli en 1954

The Rocky Horror Picture Show, film de Jim Sharman, 1975

Godzilla, film d’Ishiro Honda, 1954

 

Liste des scènes et des références d’inspiration

Le déroutement
Pyrame et Thisbé
20 000 lieues sous l’arboretum
Le campement
Godzilla !
Le musée de l’arbre
La balançoire
L’arbre qui décolle
La chorégraphie des bûcherons
L’arbre qui pleure
Le psy de l’arbre
Les arbres qui chantent
Adam et Eve
Le Lumber Jack Show

 

 

Photos de répétitions